• ECTS

    4,5 crédits

  • Composante

    Philo, Info-Comm, Langages, Littératures & Arts du spectacle

  • Volume horaire

    24.0h

  • Période de l'année

    Enseignement septième semestre

Description

Liberté et nécessité : Aristote et les stoïciens

 

Au chapitre 9 du traité De l’interprétation, Aristote répond au problème posé par le célèbre Argument Dominateur développé par le mégarique Diodore, en raison des conséquences éthiques désastreuses que celui-ci met en jeu. La thèse aristotélicienne, que la tradition identifiera ultérieurement comme celle des « futurs contingents », interroge le statut ontologique du temps, la symétrie du passé et du futur, et plus largement leur modalité.

Fondée sur l’évidence de principes logiques indiscutables (contradiction, bivalence et tiers exclu), la position mégarique se réduit à une démonstration assez simple, que l’on a coutume d’appeler « argument fataliste » pour résumer le déterminisme logique, bien que Diodore ne souscrivait ni au fatalisme, ni au déterminisme, comme le firent après lui les stoïciens.

Si, pour Diodore, le possible est cela seul « qui est ou qui sera » (les possibilités contrefactuelles étant éliminées), pour Aristote, la possibilité de l’action humaine, et partant de la responsabilité, doit impliquer l’inexistence du futur, ou plutôt son indétermination. Au niveau logique, cela suppose que les propositions portant sur des événements futurs n’ont pas encore de valeur de vérité. Au niveau métaphysique, que le présent est en puissance du futur sans que sa réalisation soit nécessaire. Au niveau éthique, enfin, que le processus de la délibération implique indirectement, pour l’homme, la possibilité d’agir autrement.

Posant à nouveau frais le problème mégarique, les premiers stoïciens, qui adoptaient contre Épicure une physique déterministe fondée sur un principe de raison et un providentialisme, eurent aussi maille à partir avec le Dominateur. La conciliation de la liberté et de la nécessité, en site fataliste, reçoit chez les stoïciens une réponse originale, qui s’oppose à la solution aristotélicienne et qui trouvera chez Leibniz une réception féconde.

Contact :

Olivier  D’JERANIAN : odjeranian@gmail.com

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Objectifs

Le cours propose un éclairage sur des thèmes, problèmes et concepts associés à une ou plusieurs traditions philosophiques de l’antiquité, du Moyen Âge ou de la Renaissance. Il offre aux étudiants la possibilité de se familiariser, au contact des textes, avec des doctrines et des vocables spécifiques, ainsi qu’avec les éléments de contexte culturel (artistique, scientifique, politique, théologique, etc.) nécessaires à la compréhension des enjeux.

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Évaluation

  • Formule standard session 1 : Contrôle continu. La note finale est la moyenne d’un devoir à la maison (50%) et d’une épreuve sur table en 4 heures (commentaire de texte 50%).
  • Formule dérogatoire Session 1 : Examen terminal. Une épreuve sur table en 4 heures (commentaire de texte) + un oral de 20 minutes sur une question de synthèse.
  • Session 2 : Examen terminal. Une épreuve sur table en 4 heures (commentaire de texte) + un oral de 20 minutes sur une question de synthèse.
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Heures d'enseignement

  • Philosophie ancienne, médiévale ou renaissante CM24h

Pré-requis nécessaires

Compréhension du mode de conceptualité propre à certains courants de la philosophie contemporaine à travers la fréquentation des textes. De façon générale : maîtrise des méthodes d’exposition et des procédés argumentatifs de l’essai ou de la dissertation ; maîtrise de la technique de l’explication de texte et du commentaire ; examen critique des concepts-clés et problématisation des questions ; capacité à recontextualiser, à partir d’un ou de plusieurs concepts, certaines grandes questions de l’histoire de la philosophie, mais aussi à repérer la reprise ou la réélaboration contemporaine de grands thèmes, concepts ou notions issus de la philosophie antique ou moderne.

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Compétences visées

Bonne maîtrise orale et écrite de la langue française. Culture philosophique solide appuyée sur la lecture personnelle de quelques œuvres majeures de l’histoire de la philosophie. Familiarité avec le vocable et les outils d’analyse de cette discipline. Capacité à dégager le sens général et la logique d’ensemble de plusieurs textes à partir de leur confrontation critique.

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Bibliographie

  • Alexandre d’Aphrodise, Du destin, Budé – Belles Lettres.
  • Aristote, De l’interprétation, Vrin.
  • Bobzien, S., Freedom and Determinism in Stoic Philosophy, Oxford, Ashgate, 1998.
  • Cicéron, Traité du Destin, Tel Gallimard.
  • Gaskin, R., Sea battle and the Master Argument. Aristotle and Diodorus Cronus on the metaphysics of the future. De Gruyter.
  • Long, A. et Sedley, , The Hellenistic Philosophers, textes choisis, traduit de l’anglais par J. Brunschwig et P. Pellegrin sous le titre Les philosophes hellénistiques, tome II, Paris, GF-Flammarion, 2001, (1e éd. angl. 1987).
  • Ps-Plutarque, Du destin, Budé – Belles Lettres.
  • Van Inwagen, P., Essai sur le libre arbitre, Paris, Vrin, 2017.
  • Vidal-Rosset, J., Les paradoxes de la liberté, Ellipses, 2009.

Vuillemin, J., Nécessité ou contingence : L’aporie de Diodore et les systèmes philosophiques, Paris, Les Éditions de Minuit, 2018.

 

Des textes supplémentaires seront distribués en séance.

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