Philosophie moderne

  • ECTS

    4,5 crédits

  • Composante

    Philo, Info-Comm, Langages, Littératures & Arts du spectacle

  • Volume horaire

    24.0h

  • Période de l'année

    Enseignement septième semestre

Description

Les ontologies de la modernité

Dans la philosophie contemporaine s’est imposée une nouvelle catégorie de « modernité », issue du tournant « ontologique » en anthropologie et de la réflexion écologique. Selon cette nouvelle acception du concept, la modernité est une ontologie spécifique correspondant aux cadres de savoirs et aux formes d'expérience du monde des populations occidentales. Les travaux séminaux de Bruno Latour et Philippe Descola ont promu l'idée que son caractère distinctif – par rapport à d'autres ontologies dites « non modernes » – serait la séparation de la nature de la culture. Une séparation que l’ils désignent avec le terme de « grand partage de la modernité ». Mais d’autres auteurs dans la philosophie et l'anthropologie contemporaine ont contesté cette lecture. Certains ont mis en avant l'idée que l'ontologie typique de la modernité occidentale n'est pas dualiste mais s'incarne plutôt dans un hybridisme mortifère, qui nie l'autonomie de la nature ou la réabsorbe dans la sphère d'action humaine. D'autres ont contesté la validité de l’approche descolienne et ont revendiqué une politique des différences ontologiques pour décoloniser les rapports entre modernité et mondes indigènes. Ce cours parcourt les étapes principales de ce débat, en essayant : 1 de réfléchir à la spécificité de la notion « ontologique » de modernité, qui recouvre à la fois les formes de l'hégémonie sur la nature et les asymétries coloniales ; 2 de mettre en lumière le caractère distinctif de cette notion par rapport à d'autres définitions de la modernité ; 3 de réfléchir aux différences entre les notions d'ontologie philosophique et/ou anthropologique, d'épistémologie et de culture.

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Objectifs

Le cours propose un éclairage sur des thèmes, problèmes et concepts associés aux pensées philosophiques de l’époque moderne (de la fin de la Renaissance au siècle des Lumières). Il offre aux étudiants la possibilité de se familiariser, au contact des textes, avec des doctrines et des vocables spécifiques, ainsi qu’avec les éléments de contexte culturel (artistique, scientifique, politique, théologique, etc.) nécessaires à la compréhension des enjeux.

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Évaluation

  • Formule standard session 1 : Contrôle continu. La note finale est la moyenne d’un devoir à la maison (50%) et d’une épreuve sur table en 4 heures (commentaire de texte ou dissertation, 50%).
  • Formule dérogatoire session 1 : Examen terminal. Une épreuve sur table en 4 heures (question de cours sous forme de dissertation) + un oral de 20 minutes.
  • Session 2 : Examen terminal. Une épreuve sur table en 4 heures (question de cours sous forme de dissertation) + un oral de 20 minutes.
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Heures d'enseignement

  • Philosophie moderneCM24h

Pré-requis nécessaires

Bonne maîtrise orale et écrite de la langue française. Culture philosophique solide appuyée sur la lecture personnelle de quelques œuvres majeures de l’histoire de la philosophie. Familiarité avec le vocable et les outils d’analyse de cette discipline. Capacité à dégager le sens général et la logique d’ensemble de plusieurs textes à partir de leur confrontation critique.

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Compétences visées

Compréhension du mode de conceptualité propre à certains courants de la philosophie moderne à travers la fréquentation des textes. De façon générale : maîtrise des méthodes d’exposition et des procédés argumentatifs de l’essai ou de la dissertation ; maîtrise de la technique de l’explication de texte et du commentaire ; examen critique des concepts-clés et problématisation des questions ; capacité à recontextualiser, à partir d’un ou de plusieurs concepts, certaines grandes questions de l’histoire de la philosophie, mais aussi à repérer la reprise ou la réélaboration contemporaine de grands thèmes, concepts ou notions issus de la philosophie antique ou moderne.

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Bibliographie

  • Latour, Nous n’avons jamais été modernes. Essai d’anthropologie symétrique, Paris, La Découverte, 1991.
  • Descola, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005.
  • Haraway, Des singes, des cyborgs et des femmes. La réinvention de la nature, Paris, Éditions Jacqueline Chambon, 2009.
  • Neyrat, La part inconstructible de la Terre. Critique du géo-constructivisme, Paris, Seuil, 2016.
  • Maris, La part sauvage du monde. Penser la nature dans l’Anthropocène, Paris, Seuil, 2018.
  • de las Cadena, M. Blaser, A World of Many Worlds, (une traduction de chapitres choisis sera fournie pendant le cours).
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